L'Epiphanie du Seigneur

L'Epiphanie du Seigneur


L'Epiphanie du Seigneur est célèbre par quatre mira
cles, ce qui lui a fait donner quatre noms différents. En effet, aujourd'hui, les Mages adorent J.-C., Jean-Baptiste le Sauveur, J.-C. change l'eau en vin et il nourrit cinq mille hommes avec cinq pains. Jésus avait treize jours, lorsque, conduits par l'étoile, les Mages vinrent le trouver, d'où vient le nom de Epiphanie, epi, au-dessus, phanos, apparition, ou bien parce que l'étoile apparut d'en haut, ou bien parce que J.-C. lui-même a été montré aux Mages, comme le vrai Dieu, par une étoile vue dans les airs. Le même jour, après vingt-neuf ans révolus, alors qu'il atteignait trente ans, parce qu'il avait vingt-neuf ans et treize jours ; Jésus, dit saint Luc, avait alors environ trente ans commencés, ou bien, d'après Bède, il avait trente ans accomplis, ce qui est aussi la croyance de l'Eglise romaine; alors, dis-je, il fut baptisé dans le Jourdain, et de là vient le nom de Théophanie, de Theos, Dieu et phanos apparition, parce que en ce moment la Trinité se manifesta: le Père dans la voix qui se fit entendre, le (148) Fils dans la chair et le Saint-Esprit sous l'apparence d'une colombe. Le même jour, un an après, alors qu'il avait trente ou trente et un ans, il changea l'eau en vin: d'où vient le nom de Bethanie, de beth, maison, parce que, par un miracle opéré dans une maison, il apparut vrai Dieu. En ce même jour encore, un an après, comme il avait trente et un ou trente-deux ans et treize jours, il rassasia cinq mille hommes avec cinq pains, d'après Bède, et cette hymne qu'on chante en beaucoup, d'églises et qui commence par ces mots : Illuminans altissimum *. De là vient le nom de Phagiphanie de phagé manger, bouchée. Il y a doute si ce quatrième miracle a été opéré en ce jour, tant parce qu'on ne le trouve pas ainsi en l'original de Bède, tant parce qu'en saint Jean (VI) au lieu où il parle de ce prodige, il dit : « Or, le jour de Pâques était proche. » Cette quadruple apparition eut donc lieu aujourd'hui. La première par l'étoile sur la crèche ; la seconde par la voix du Père sur le fleuve du Jourdain ; la troisième par le changement de l'eau en vin au repas et la quatrième par la multiplication des pains dans le désert. Mais c'est principalement la première apparition que l'on célèbre aujourd'hui, ainsi nous allons en exposer l'histoire.

Lor
s de la naissance du Seigneur, trois mages vinrent à Jérusalem. Leur nom latin c'est Appellius, Amérius, Damascus ; en hébreu on les nomme Galgalat, Malgalat et Sarathin ; en grec, Caspar, Balthasar, Melchior. Mais qu'étaient ces, mages ? Il y a là-dessus



* Bréviaire mozarabe.



trois sentiments, selon le
s trois significations du mot mage. En effet, mage veut dire trompeur, magicien et sage. Quelques-uns prétendent que, en effet, ces rois ont été appelés mages, c'est-à-dire trompeurs, de ce qu'ils trompèrent Hérode en ne revenant point chez lui. Il est dit dans l'Evangile, au sujet d'Hérode « Voyant qu'il avait été trompé par les mages. » Mage veut encore dire magicien. Les magiciens de Pharaon sont appelés mages, et saint Chrysostome dit qu'ils tirent leur nom de là. D'après lui, ils seraient des magiciens qui se seraient convertis et auxquels le Seigneur a voulu révéler sa naissance, les attirer à lui, et par là donner aux pécheurs l'espoir du pardon. Mage est encore la même chose que sage. Car mage en hébreu signifie scribe, en grec philosophe, en latin sage. Ils sont donc nommés mages, c'est-à-dire savants, comme si on disait merveilleusement sages. Or, ces trois sages et rois vinrent à Jérusalem avec une grande suite. Mais on demande pourquoi les mages vinrent à Jérusalem, puisque le Seigneur n'y était point né. Remigius * en donne quatre raisons: La première, c'est que les mages ont bien su le temps de la naissance de J.-C., mais ils n'en ont pas connu le lieu or, Jérusalem étant une cité royale et possédant un souverain sacerdoce, ils soupçonnèrent qu'un enfant si distingué ne devait naître nulle part ailleurs si ce n'est dans une cité royale. La deuxième, c'était pour connaître plus tôt le lieu de la naissance, puisqu'il y avait là des docteurs dans la loi et des scribes. La troisième,



* Moine d'Auxerre en 890, Bibliothèque d
es Pères, Homé1. VII.



150



pour que les Juifs
restassent inexcusables ; ils auraient pu dire en effet : « Nous avons bien connu le lieu de la naissance, mais nous en avons ignoré le temps et c'est le motif pour lequel nous ne croyons point. » Or, les Mages désignèrent aux Juifs le temps et les Juifs indiquèrent le lieu aux Mages. La quatrième, afin que l'empressement des Mages devînt la condamnation de l'indolence des Juifs : car les Mages crurent à un seul prophète et les Juifs refusèrent de croire au plus grand nombre. Les Mages cherchent un roi étranger, les Juifs ne cherchent pas celui qui est le leur propre : les uns vinrent de loin, les autres restèrent dans le voisinage. Ils ont été rois et les successeurs de Balaam ils sont venus eu voyant l'étoile, d'après la prophétie de leur père : « Une étoile se lèvera sur Jacob et un homme sortira d'Israël. » Un autre motif de leur venue est donné par saint Chrysostome dans son original sur saint Mathieu. Des auteurs s'accordent à dire que, certains investigateurs de secrets choisirent douze d'entre eux, et si l'un venait à mourir, son fils ou l'un de ses proches le remplaçait. Or, ceux-ci, tous les ans, après un mois écoulé, montaient sur la montagne de la Victoire, y restaient trois jours, se lavaient et priaient Dieu de leur montrer l'étoile prédite par Balaam. Une fois, c'était le jour de la naissance du Seigneur, pendant qu'ils étaient là, vint vers eux sur la montagne une étoile singulière : elle avait la forme d'un magnifique enfant, sur la tête duquel brillait une croix, et elle adressa ces paroles aux Mages : « Hâtez-vous d'aller dans la terre de Juda, vous chercherez un roi nouveau-né, et vous l'y trouverez. » Ils se mirent (151) aussitôt en chemin. Mais comment, en si peu de temps, comment, en treize jours, avoir pu parcourir un si long chemin, c'est-à-dire de l'Orient à Jérusalem, qui est censée occuper le centre du monde? On peut dire, avec Remigius, que cet enfant vers lequel ils allaient,, a bien pu les conduire si vite, ou bien l'on peut croire, avec saint Jérôme, qu'ils vinrent sur des dromadaires, espèce d'animaux très alertes, qui font en une journée le chemin qu'un cheval met trois jours à parcourir. Voilà pourquoi on l'appelle dromadaire, dromos course, arès courage. Arrivés à Jérusalem, ils demandèrent : « Où est celui qui est né roi des Juifs ? » Ils ne demandent pas s'il est né, ils le croyaient, mais ils demandent où il est né. Et comme si quelqu'un leur avait dit : « D'où savez-vous que ce roi est né? » Ils répondent : « Nous avons vu son étoile dans l'Orient et nous sommes venus l'adorer; » ce qui veut dire : « Nous qui restons en Orient, nous avons vu une étoile indiquant sa naissance; nous l'avons vue, dis-je, posée sur la Judée. Ou bien : nous qui demeurons dans notre pays, nous avons vu son étoile dans l'Orient, c'est-à-dire dans la partie orientale. » Par ces paroles, comme le dit Remigius, dans son original, ils confessèrent un vrai homme, un vrai roi et un vrai Dieu. Un vrai homme, quand ils dirent : « Où est celui qui est né ? » Un vrai roi en disant : « Roi des Juifs; » un vrai Dieu en ajoutant: « Vous sommes venus l'adorer. » Il a été en effet ordonné de n'adorer aucun autre que Dieu seul. Mais Hérode qui entendit cela fut troublé et Jérusalem tout entière avec lui. Le roi est troublé pour trois motifs: 1° dans la crainte que (152) les Juifs ne reçussent comme leur roi ce nouveau-né, et ne le chassassent lui-même comme étranger. Ce qui fait dire à saint Chrysostome : « De même qu'un rameau placé en haut d'un arbre est agité par un léger souffle, de même les hommes élevés au faîte des dignités sont tourmentés même par un léger bruit. » 2° Dans la crainte qu'il ne soit inculpé par, les Romains, si quelqu'un était appelé roi sans avoir été institué par Auguste. Les Romains avaient en effet ordonné que ni dieu ni roi ne fût reconnu que par leur ordre et avec leur permission. 3° Parce que, dit saint Grégoire, le roi du ciel étant né, le roi de la terre a été troublé. En effet, la grandeur terrestre est abaissée, quand la grandeur céleste est dévoilée. — Tout Jérusalem fut troublée avec lui pour trois raisons : 1° parce que les impies ne sauraient se réjouir de la venue du Juste ; 2° pour flatter Je roi troublé, en se montrant troublés eux-mêmes; 3° parce que comme le choc des vents agite l'eau, ainsi les rois se battant l'un contre l'autre, le peuple est troublé, et c'est pour cela qu'ils craignirent être enveloppés dans la lutte entre le roi de fait et le prétendant. » C'est la raison que donne saint Chrysostome.

Alors Hérode convoqua tous les prêtres et les scribes pour leur demander où naîtrait
le Christ. Quand il en eut appris que c'était à Bethléem de Juda, il appela les mages en secret et s'informa auprès d'eux de l'instant auquel l'étoile leur était apparue, pour savoir ce qu'il avait à faire, si les mages ne revenaient pas ; et il leur recommanda qu'après avoir trouvé l'enfant, ils revinssent le lui dire, en simulant vouloir adorer celui (153) qu'il voulait tuer. Or, remarquez qu'aussitôt les mages entrés à Jérusalem, l'étoile cesse de les conduire, et cela pour trois raisons. La 1re pour qu'ils soient forcés de s'enquérir du lieu de la naissance de J.-C. ; afin par là d'être assurés de cette naissance, tant à cause de l'apparition de l'étoile qu'à cause de l'assertion de la prophétie : ce qui eut lieu. La 2e parce que en cherchant un secours des hommes, ils méritèrent justement de perdre celui de Dieu. La 3e parce que les signes ont été, d'après l'apôtre, donnés aux infidèles, et la prophétie aux fidèles : c'est pour cela qu'un signe fut donné aux Mages, alors qu'ils étaient infidèles ; mais ce signe ne devait plus paraître dès lors qu'ils se trouvaient chez les juifs qui étaient fidèles. La glose entrevoit ces trois raisons. Mais lorsqu'ils furent sortis de Jérusalem, l'étoile les précédait, jusqu'à ce qu'arrivée au-dessus du lieu où était l'enfant, elle s'arrêta. De quelle nature était cette étoile ? il y a trois opinions, rapportées par Remi ;lus en son original. Quelques-uns avancent que c'était le saint Esprit, afin que, devant descendre plus tard surale Seigneur après son baptême, sous la forme d'une colombe, il apparût aussi aux Mages sous la forme d'une étoile. D'autres disent, avec saint Chrysostome, que ce fut l'ange qui apparut aux bergers, et ensuite aux Mages aux bergers eu leur qualité de juifs et raisonnables, elle apparut sous une forme raisonnable, mais aux gentils qui étaient, pour ainsi dire, irraisonnables, elle prit une forme matérielle. Les autres, et c'est le sentiment le plus vrai, assurent que ce fut une étoile nouvellement créée, et qu'après avoir accompli son (154) ministère, elle revint à son état primitif. Or, cette étoile, selon Fulgence, différait des autres en trois manières, 1° en situation, parce qu'elle n'était pas située positivement dans le firmament, mais elle se trouvait suspendue dans un milieu d'air voisin de la terre ; 2° en éclat, parce qu'elle était plus brillante que les autres; cela est évident, puisque le soleil ne pouvait pas en diminuer l'éclat ; loin de là, elle paraissait en plein midi ; 3° en mouvement, parce qu'elle allait en avant des Mages, comme ferait un voyageur ; elle n'avait donc point un mouvement circulaire, mais une espèce de mouvement animale( progressif. La glose en touche trois autres raisons à ces mots sur le 2e chapitre de saint Mathieu: « Cette étoile de la naissance du Seigneur, etc. » La 1re elle différait dans son origine, puisque les autres avaient été créées au commencement du monde, et que celle-ci venait de l'être. La 2e dans sa destination, les autres avaient été faites pour indiquer des temps et des saisons, comme il est dit dans la Genèse (I, 14) et celle-ci pour montrer le chemin aux Mages ; la 3e dans sa durée, les autres sont perpétuelles, celle-ci, après avoir accompli son ministère, revint à son état primitif.

Or, lorsqu
'ils virent l'étoile, ils ressentirent une très grande joie. Observez que cette étoile aperçue par les Mages est quintuple ; c'est une étoile matérielle, une étoile spirituelle, une étoile intellectuelle, une étoile raisonnable, et une étoile supersubstantielle. La première, la matérielle, ils la- virent en Orient; la seconde, la spirituelle qui est la foi, ils la virent dans leur coeur, car si cette étoile, c'est-à-dire, la foi, n'avait (155) pas projeté ses rayons dans leur coeur, jamais ils ne fussent parvenus à voir la première. Or, ils eurent la foi en l'humanité du Sauveur, puisqu'ils dirent : « Où est celui qui est né? » Ils eurent la foi en sa dignité royale, quand ils dirent: « Roi des juifs. » Ils eurent la foi en sa divinité puisqu'ils ajoutèrent : « Nous sommes venus l'adorer. » La troisième, l'étoile intellectuelle, qui est l'ange, ils la virent dans le sommeil, quand ils furent avertis par l'ange de ne pas revenir vers Hérode. Mais d'après une glose particulière, ce ne fut pas un ange, mais le Seigneur lui-même qui leur apparut. La quatrième, la raisonnable, ce fut la Sainte Vierge, ils la virent dans l'hôtellerie. La cinquième, la supersubstantielle, ce fut J.-C., qu'ils virent dans la crèche ; c'est de ces deux dernières qu'il est dit : « En entrant dans la maison, ils trouvèrent l'enfant avec Marie, sa mère... » etc. Et chacune d'elles est appelée étoile : la 1re par le Psaume : « La lune et les étoiles que vous avez créées. » La 2e dans l'Ecclésiastique (XLIII, 10) : « La beauté du ciel, c'est-à-dire de l'homme céleste, c'est l'éclat des étoiles, c'est-à-dire des vertus. » La 3e dans Baruch (III, 31) : « Les étoiles ont répandu leur lumière chacune en sa place, et elles ont été dans la j oie. » La ie par la Liturgie : « Salut, étoile de la mer. » La 5e dans l'Apocalypse (XXII, 16) : « Je suis le rejeton et le fils de David, l'étoile brillante, et l'étoile du matin. » En voyant la première et la seconde, les Mages se sont réjouis ; en voyant la troisième, ils se sont réjouis de joie; en voyant la quatrième ils se sont réjouis d'une joie grande ; en voyant la cinquième, ils se sont réjouis d'une très grande joie. Ou (156) bien ainsi que dit la glose: « Celui-là se réjouit de joie qui se réjouit de Dieu, qui est la véritable joie, et il ajoute « grande », car rien n'est plus grand que Dieu ; et il met « très » grande, parce qu'on peut se réjouir plus ou moins de grande joie. Ou bien par l'exagération de ces expressions, l'évangéliste a voulu montrer que les hommes se réjouissent plus des choses perdues qu'ils ont retrouvées que de celles qu'ils ont toujours possédées.

Apr
ès être entrés dans la chaumière, et avoir trouvé l'enfant avec sa mère, ils fléchirent les genoux et chacun offrit ces présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Ici saint Augustin s'écrie : « O enfance extraordinaire, à laquelle les astres sont soumis. Quelle grandeur ! quelle gloire immense dans celui devant les langes duquel les anges se prosternent, les astres assistent, les rois tremblent, et les partisans de la sagesse se mettent à genoux ! O bienheureuse chaumière ! ô trône de Dieu, le second après le ciel, où ce n'est pas une lumière qui éclaire, mais une étoile! ô céleste palais dans lequel habite non pas un roi couvert de pierreries, mais un Dieu qui a pris un corps, qui a pour couche délicate une dure crèche, pour plafond doré, un toit de chaume tout noir, mais décoré par l'obéissance d'unie étoile! Je suis saisi quand je vois les lampes et que je regarde les cieux; je suis enflammé, quand je vois dans une crèche un mendiant plus éclatant encore que les astres.» Et saint Bernard : « Que faites-vous ? vous adorez un enfant à la mamelle dans une vile étable? Est-ce que c'est un Dieu? Que faites-vous? Vous lui offrez de l'or? Est-ce donc un Roi ? Où (157) donc est sa cour, où est son trône, où sont les courtisans de ce roi? Est-ce que la cour, c'est l'étable? Le trône la crèche, les courtisans de ce roi, Joseph et Marie Ils sont devenus insensés, pour devenir sensés. » Voici ce que dit encore à ce sujet saint Hilaire dans le second livre de la Trinité : « Une vierge enfante, mais celui qui est enfanté vient de Dieu. L'enfant vagit, on entend des anges le louer, les langes sont sales, Dieu est adoré. C'est pourquoi la dignité de la puissance n'est pas perdue, puisque l'humilité de la chair est adoptée. Et voici comment dans Jésus enfant on rencontre des humiliations, des infirmités, mais aussi des sublimités, et l'excellence de la divinité. » A ce propos encore saint Jérôme dit, sur l'épître aux Hébreux : « Regardez le berceau de J.-C., voyez en même temps le ciel ; vous apercevez un enfant pleurant dans une crèche, mais en même temps faites attention aux cantiques des anges. Hérode persécute, mais les Mages adorent; les Pharisiens ne le connaissent point, mais l'étoile le proclame ; il est baptisé par un serviteur, mais on entend la voix de Dieu qui tonne d'en haut: il est plongé dans l'eau, mais la colombe descend ; il y a plus encore, c'est le Saint-Esprit dans la colombe. »

Pourquoi maintenant les Mages o
ffrent-ils des présents de cette nature! On en peut signaler une foule de raisons. 1° C'était une tradition ancienne, dit Remigius, que personne ne s'approcherait d'un dieu ou d'un roi, les mains vides. Les Perses et les Chaldéens avaient coutume d'offrir de pareils présents. Or, les Mages, ainsi qu'il est dit en (158) l'Histoire scholastique, vinrent des confins de la Perse et de la Chaldée, où coule le fleuve de Saba, d'où vient le nom de Sabée que porte leur pays. 2° La seconde est de saint Bernard: « Ils offrirent de l'or à la sainte Vierge pour soulager sa détresse, de l'encens, pour chasser la puanteur de l'étable, de la myrrhe pour fortifier les membres de l'enfant et pour expulser de hideux insectes. 3° Parce que avec l'or se paie le tribut, l'encens sert au sacrifice et la myrrhe à ensevelir les morts. Par ces trois présents, on reconnaît, dans le Christ la puissance royale, la majesté divine, et la mortalité humaine. 4° Parce que l'or signifie l'amour, l'encens la prière, la myrrhe, la mortification de la chair: Et nous devons les offrir tous trois à J.-C. 5° Parce que par ces trois présents sont signifiées trois qualités de J.-C. : une divinité très précieuse, une âme toute dévouée, et une chair intègre et incorruptible. Les offrandes étaient encore prédites par ce qui se trouvait dans l'arche d'alliance. Dans la verge qui fleurit, nous trouvons la chair de J.-C. qui est ressuscitée; au Psaume: « Ma chair a refleuri »; dans les tables où étaient gravés les commandements, l'âme dans laquelle sont cachés tous les trésors de la science et de la sagesse de Dieu; dans la manne, la divinité qui a toute saveur et toute suavité. Par l'or, donc, qui est le plus précieux des métaux, on entend la divinité très précieuse; par l'encens, l'âme très dévouée, parce que l'encens signifie dévotion et prière (Ps.) : « Que ma prière monte comme l'encens.» Par la myrrhe qui est un préservatif de corruption, la chair qui ne fut pas corrompue. Les Mages, avertis en songe de ne pas revenir chez Hérode, retournèrent (159) par un autre chemin en leur pays. Voici comment partirent les Mages : Ils vinrent sous la direction de l'étoile; ils furent instruits par des hommes, mieux encore par dés prophètes; ils retournèrent sous la conduite de l'ange, et moururent dans le Seigneur. Leurs corps reposaient à Milan dans une église de notre ordre, c'est-à-dire des frères prêcheurs, mais ils reposent maintenant à Cologne. Car ces corps,d'abord enlevés par Hélène, mère de Constantin, puis transportés à Constantinople, furent transférés ensuite par saint Eustorge, évêque de Milan; mais l'empereur Henri les transporta de Milan à Cologne sur le Rhin, où ils sont l'objet de la dévotion et des hommages du peuple.
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# Posté le mardi 27 décembre 2005 20:00

Modifié le mardi 12 juin 2007 08:39

Padre Pio (25mai 1887-23 septembre 1968)

Padre Pio (25mai 1887-23 septembre 1968)
August - October 2002
Padre Pio, Vatican II et le Novus Ordo Missae

Par Fr. Jean, OFM Cap. dans la Lettre aux Amis de Saint François du monastère de Morgon, No. 17, février 1999, retraduit en français d'après la version anglaise.

Padre Pio (25 mai 1887 – 23 septembre 1968) fut canonisé le 16 juin 2002. Seul prêtre à avoir reçu les stigmates, il n'a jamais célébré la Nouvelle Messe.



Cette deuxième année du XXIème siècle a vu la canonisation de Padre Pio, le saint moine envoyé par Dieu comme un signe pour notre temps. Alors que l'on veut nous faire croire à une nouvelle église « charismatique », il est étrange qu'on n'y trouve pas des saints thaumaturges comme ceux que nous rencontrons tout au long de l'histoire de l'Église à partir de la Pentecôte. Padre Pio semble, d'une façon magnifique, clore la longue litanie des saints, étant le seul prêtre qui a reçu les sacrés stigmates de Jésus-Christ.

On a beaucoup écrit sur Padre Pio – plus de 600 ouvrages, il semble – et les auteurs mettent toujours en relief le côté extraordinaire de sa vie : non seulement ses charismes particuliers (pénétration des âmes, guérisons, résurrection de morts, bilocations, extases, exhalation de parfums, prophéties, etc), mais aussi les souffrances incroyables qu'il a endurées depuis sa première enfance, les persécutions qu'il a subies de la part d'hommes d'église et même de ses frères en religion, de même que ses deux grandes oeuvres de charité : la fondation de la Casa di Sollievo della Sofferenza (Maison pour le Soulagement de la Souffrance), et les groupes de prières.

Bref, ces auteurs nous le présentent plus comme un saint à admirer qu'à imiter, ce qui fait que, en dernier ressort, nous passons à côté des leçons les plus intéressantes que nous pouvons apprendre de sa vie, et des applications pratiques qui pourraient transformer la nôtre. Nous allons donc essayer, bien qu'imparfaitement, de présenter quelques-unes de ces leçons, en espérant que nous pourrons tous en profiter, et que le Padre, du haut du ciel, nous aidera lui-même, comme il l'a promis à tous ceux qui voudraient devenir ses « enfants spirituels ».




A l'aurore de cette vie totalement sacrifiée à Dieu et aux âmes, on trouve une famille nombreuse, pauvre et pieuse, où l'abnégation de chacun adoucit et transforme les dures réalités de la vie quotidienne. Nous voyons ici la confirmation de la pensée de Mgr de Segur qui a dit que c'est dans les familles où fait défaut l'esprit de sacrifice que les vocations sont le plus en péril. Baptisé le jour après sa naissance – une grâce pour laquelle il a été reconnaissant toute sa vie – Padre Pio fut nommé Francesco, présage de sa vocation franciscaine, qui allait se révéler à l'occasion de la visite d'un moine capucin qui mendiait de la nourriture pour son couvent. Malgré cela, sa vocation ne fut pas décidée sans lutte :

« Je ressentais deux forçes s'affrontant en moi, déchirant mon coeur : le monde me voulait pour lui, et Dieu m'appelait à une nouvelle vie. Il serait impossible de décrire ce martyre. Le seul souvenir de ce combat qui se déroula en moi glace le sang de mes veines... »

Il entra au noviciat alors qu'il n'avait pas encore seize ans. Au dessus de la porte du cloître, en guise de bienvenue, il lut l'inscription : « Faites pénitence ou vous périrez tous ». La règle de vie quotidienne incluait beaucoup de prières, assez de travail, un peu de lecture, restreinte surtout à l'étude de la Règle et des Constitutions.

Le frère Pio se fit remarquer par l'abondance des larmes qu'il versait pendant l'oraison mentale du matin, qui, dans les maisons des Capucins, est consacrée à la méditation de la Passion; larmes si abondantes qu'il fallait étendre une serviette devant lui sur le sol du choeur. Comme pour saint François, c'était à cette contemplation amoureuse et compatissante de Jésus crucifié qu'il a dû la grâce de recevoir plus tard les douloureux stigmates dans son corps. Et cependant, comme il le confesse à son directeur spirituel, Frère Agostino, « En comparaison de ce que je souffre dans ma chair, les combats spirituels que j'endure sont bien pires ».



Satisfaire pour les pécheurs : les épreuves intérieures

Il semble que Dieu attend des justes qu'ils expient d'une manière spéciale, par des tentations, les péchés publics de leurs contemporains. A une époque où la psychanalyse, avec son habileté à éliminer la culpabilité et le péché, se répandait partout, Padre Pio – comme la petite Thérèse – a dû subir une crise presque insupportable de scrupules qui l'a tourmenté pendant trois longues années. Après la tempête vint la nuit, une nuit de l'âme qui a duré des douzaines d'années, avec seulement des lueurs de lumière occasionnelles :

« Je vis dans une nuit perpétuelle ... Tout me trouble, et je ne sais pas si j'agis bien ou mal. Je peux voir que ce n'est pas du scrupule : mais le doute que je subis si je suis en train de plaire à Dieu ou non m'écrase. Cette anxiété survient partout : à l'autel, au confessional, partout! »

C'est en ayant à l'esprit la pensée de ses expériences mystiques qu'il faut méditer ses maximes : « L'amour est plus beau accompagné de la crainte, parce que c'est ainsi qu'il devient plus fort ». «Plus on aime Dieu, moins on le ressent! »

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus a opposé à l'orgeuilleux rationalisme de son temps la petite voie de l'enfance spirituelle, mais elle l'a aussi expié par ses terribles tentations contre la foi. Son cri : « Je croirai! » est bien connu. Padre Pio aussi a connu des tentations violentes et prolongées contre la foi, comme en témoignent ses lettres à Fr. Agostino :

« Des blasphèmes traversent mon esprit sans arrêt, et davantage encore des idées fausses, des idées d'infidélité et d'incrédulité. Je sens mon âme comme transpercée à chaque instant de ma vie, cela me tue... Je garde la foi seulement par un effort constant de ma volonté contre toute sorte de persuasion humaine. Ma foi est le fruit d'un effort continuel sur moi-même. Et tout cela, mon Père, n'est pas quelque-chose qui arrive seulement peu de fois dans la journée, mais c'est continuel... Mon Père, comme c'est difficile de croire! »

Quelle leçon précieuse pour nous, si nous devions, par exemple, nous étonner de nous trouver tentés à ce degré!



Padre Pio directeur spirituel




Padre Pio surmonta ces terribles épreuves en pratiquant ce qu'on lui avait appris au noviciat : persévérance dans la prière, mortification des sens, fidélité inébranlable aux exigences du devoir d'état, et finalement, obéissance parfaite au prêtre en charge de son âme. C'est par son expérience acquise dans la souffrance qu'il put attirer à lui des âmes désirant la perfection, et exiger beaucoup d'elles.

Aux âmes qu'il dirigeait, Padre Pio donnait une règle en cinq points : confession hebdomadaire, communion et lecture spirituelle quotidiennes, examen de conscience chaque soir, et prière mentale (méditation) deux fois par jour. Quant à la récitation du rosaire, elle est si nécéssaire, que cela va sans le dire...

« La confession est le bain de l'âme. Vous en avez besoin au moins une fois par semaine. Je ne veux pas que des âmes s'éloigent de la confession pour plus d'une semaine. Même une salle propre et inoccupée accumule de la poussière; revenez après une semaine, et vous verrez qu'elle a de nouveau besoin d'être époussetée! »

A ceux qui s'estiment indignes de recevoir la sainte Communion, il répond :

« Il est bien vrai que nous ne sommes pas dignes d'un tel don. Mais approcher du saint Sacrement en état de péché mortel est une chose, être indigne en est une autre. Nous sommes tous indignes, mais c'est Lui qui nous invite. C'est Lui qui le désire. Humilions-nous et recevons-Le avec un coeur contrit et plein d'amour. »

À un autre qui lui disait que l'examen de conscience quotidien lui paraissait inutile, puisque sa conscience lui montrait clairement à chacune de ses actions si elle était bonne ou mauvaise, il répondit :

« C'est bien vrai. Mais les commerçants expérimentés de ce monde ne se contentent pas seulement d'enregistrer le gain ou la perte des transactions au fur et à mesure qu'elles sont conclues, mais, le soir ils font la comptabilité de l'ensemble de la journée pour déterminer ce qu'il faut faire le lendemain. De même, il est indispensable de faire un examen de conscience rigoureux, bref mais lucide, chaque soir. »

« Le mal que se causent les âmes par le défaut de lecture de saint livres me fait trembler... Comme est puissante la lecture spirituelle pour changer le cours d'une vie, et pour pousser même des gens mondains à embrasser le chemin de la perfection! »

Lorsque Padre Pio fut condamné à ne plus exercer aucun ministère, il employa son temps libre, non à lire les journaux, ‑ « l'évangile du diable » ‑ mais à étudier des livres de doctrine, d'histoire et de spiritualité. Malgré cela, il disait toujours : « On cherche Dieu dans les livres, mais on Le trouve dans la prière ».

Ses conseils pour la prière mentale (la méditation) sont simples :

« Si vous ne réussissez pas à bien méditer, n'abandonnez pas votre devoir. Si les distractions abondent, ne vous découragez pas; faites la méditation de la patience, et vous aurez malgré tout du profit. Prévoyez la longueur de votre méditation, et ne quittez pas votre place avant d'avoir fini, même si vous devez être crucifié... Pourquoi vous inquiéter tant parce que vous ne savez pas comment méditer comme vous le voudriez? La méditation est un moyen d'atteindre Dieu, mais elle n'est pas un but en elle-même. La méditation vise à l'amour de Dieu et du prochain. Aimez Dieu de toute votre âme sans réserve, et aimez votre prochain comme vous-même, et vous aurez accompli la moitié de votre méditation. »




La même chose s'applique pour l'assistance au saint Sacrifice de la Messe : il est plus important de faire des actes (de contrition, de foi, d'amour...) que des réflexions ou des considérations intellectuelles. A quelqu'un lui demandant s'il était nécéssaire de suivre la messe dans un missel, Padre Pio répondit que seul le prêtre a besoin d'un missel. Selon lui, la meilleure façon d'assister au saint Sacrifice est de s'unir à la Vierge des Douleurs au pied de la croix, avec compassion et amour. Ce n'est qu'en paradis, assure-t-il à son interlocuteur, que nous apprendrons tous les bienfaits que nous recevons en assistant à la sainte Messe.

Padre Pio, qui était si affable et aimable dans ses relations avec les gens, pouvait devenir sévère et inflexible quand l'honneur de Dieu était en jeu, spécialement à l'église.

« Le Père avait coutume d'interrompre avec autorité le murmure des fidèles, et il dévisageait ouvertement quiconque ne maintenait pas une attitude de prière...Si quelqu'un restait debout, même si c'était à cause d'un manque de place dans les bancs, il l'invitait péremptoirement à s'agenouiller pour participer dignement au saint Sacrifice de la Messe ».

Il n'épargnait même pas un enfant de choeur inattentif : « Mon enfant, si tu veux aller en enfer, tu n'as pas besoin de ma signature ».

Les modes d'après-guerre tombaient sous la même censure :

« Padre Pio, assis dans son confessional ouvert, s'assurait, toute l'année, que les femmes et les jeunes filles qui se confessaient à lui ne portaient pas des robes trop courtes. Il provoquait même des larmes quand une personne qui avait fait la queue durant des heures pour se confesser, se faisait renvoyer à cause d'une tenue offensente... Alors une âme charitable s'avançait et offrait de l'aide. Dans un coin, on décousait l'ourlet offensant, ou bien on prêtait un manteau à la pénitente. Finalement, le Père permettait parfois à la pénitente humilée d'aller se confesser. »

Un jour son directeur spirituel lui reprocha sa conduite sévère. Il répondit : « Je pourrais vous obéir, mais chaque fois c'est Jésus qui me dit comment je dois traiter les gens ». Ses manières sévères étaient ainsi inspirées d'en haut, motivées seulement par le seul honneur de Dieu et le salut des âmes.

« Les femmes qui cèdent à la vanité dans leur habillement ne peuvent jamais revêtir la vie de Jésus-Christ; de plus, elles perdent même la beauté de leur âme dès que cette idole entre dans leur coeur. »

Et que personne ne lui reproche un manque de charité : « Je vous prie de ne pas me critiquer en invoquant la charité, parce que la plus grande charité consiste à délivrer les âmes prisonnières de Satan en vue de les gagner au Christ. »



Padre Pio et le Novus Ordo Missae

Il était un modèle de respect et de soumission envers ses supérieurs religieux et ecclésiastiques, spécialement quand il était persécutté. Malgré cela, il ne put rester silencieux devant les déviations qui étaient funestes à l'Église. Avant même la fin du Concile, en février 1965, quelqu'un lui annonça qu'il allait bientôt devoir célébrer la Messe selon le nouveau rite, ad experimentum, en langue vernaculaire, rite qui avait été composé par une commission liturgique conciliaire en vue de répondre aux aspirations de l'homme moderne. Padre Pio écrivit immédiatement au pape Paul VI, avant même d'avoir vu le texte, pour lui demander d'être dispensé de cette expérience liturgique et de pouvoir continuer à célébrer la Messe de saint Pie V. Quand le cardinal Bacci vint le visiter pour lui apporter l'autorisation demandée, Padre Pio laissa échapper une plainte en présence du messager du pape : « Par pitié, mettez fin, vite, au Concile. »

Cette même année, au milieu de l'euphorie conciliaire qui promettait un nouveau printemps de l'église, il confia à l'un de ses fils spirituels : « En ce temps de ténèbres, prions. Faisons pénitence pour les élus »; et surtout pour celui qui doit être leur pasteur ici-bas : pendant toute sa vie, il s'immola pour le pape règnant, dont le photographie était l'une des rares images qui décoraient sa cellule.



Renouveau de la vie religieuse?

D'autres scènes de la vie du Padre sont très significatives, par exemple sa réaction à l'aggiornamento des ordres religieux concocté dans la foulée de Vatican II. (Les citations suivantes viennent d'un livre qui porte l'Imprimatur) :

« En 1966, le Père Général (des Franciscains) vint à Rome un peu avant le chapitre spécial qui devait traiter des constitutions, en vue de demander au Padre Pio ses prières et bénédictions. Il rencontra Padre Pio dans le cloître. 'Padre, je suis venu pour recommander à vos prières le chapitre spécial pour les nouvelles constitutions...' Il avait à peine prononçé les mots 'chapitre spécial' et 'nouvelles constitutions' que Padre Pio fit un geste violent et s'écria : 'Tout cela n'est que du non-sens destructeur'. ­‑ 'Mais, Padre, après tout, il faut tenir compte des jeunes générations... les jeunes évoluent d'après leurs propres modes... il y a des besoins, des demandes nouvelles...' – 'La seule chose qui manque, fit le Padre, c'est l'âme et le coeur, c'est tout, intelligence et amour.' Il partit pour sa cellule, puis se retourna et dit, en pointant son doigt : 'Nous ne devons pas nous dénaturer, nous ne devons pas nous dénaturer! Au jugement du Seigneur, saint François ne nous recevra pas comme ses fils!' »

Une année après, la même scène se répéta lors de l'aggiornamento des Capucins. Un jour, quelques confrères discuttaient avec le définiteur général (le conseiller auprès du provincial ou du général d'un ordre religieux – NDLR) les problèmes de l'Ordre, lorsque Padre Pio, prennant une attitude scandalisée, s'écria, avec un regard distant dans ses yeux : « Qu'est-ce que vous voulez à Rome? Qu'est-ce que vous manigancez? Vous voulez même changer la règle de saint François! » Le définiteur répliqua : « Padre, on propose des changements parce que les jeunes ne veulent plus rien savoir de la tonsure, de l'habit, des pieds nus... »

‑ « Chassez-les! Chassez-les! Qu'est-ce qu'il faut dire? Est-ce que c'est eux qui font une faveur à saint François en prenant l'habit et suivant sa règle de vie, ou n'est-ce pas plutôt saint François qui leur offre ce grand don? »

Si nous considérons que Padre Pio était un véritable alter Christus (autre Christ), que sa personne entière, corps et âme, était aussi conforme que possible à celle de Jésus-Christ, son refus total d'accepter le Novus Ordo et l'aggiornamento devraient être pour nous une leçon. Il est notoire également que le Bon Maître a voulu rappeler son fidèle serviteur juste avant que ces réformes ne fussent imposées de façon implaccable à l'Église et à l'ordre capucin. Il faut également remarquer, que Katarina Tangari, une des filles spirituelles les plus privilégiées de Padre Pio, a supporté si admirablement les prêtres (de la Fraternité Saint Pie X) d'Écône jusqu'à sa mort, un an après les consécrations épiscopales de 1988 par Mgr Lefebvre.



Leçon finale : Fatima

Padre Pio se montrait encore moins complaisant envers l'ordre (ou plutôt désordre) politique et social règnant (en 1966!) : « La confusion des idées et le règne des voleurs ». Il prophétisa que les Communistes prendraient le pouvoir « par surprise, sans tirer un coup de fusil... Cela arrivera du jour au lendemain ».

Ceci ne devrait pas nous étonner, puisque les demandes de Notre-Dame de Fatima n'ont pas été écoutées. Il a même dit à Mgr Piccinelli que le drapeau rouge flotterait sur le Vatican, « mais que cela passera ». Ici encore, ses conclusions rejoignent celle de la Reine des Prophètes : « À la fin, mon Coeur Immaculé triomphera ». Nous savons comment cette prophétie se réalisera : par la puissance de Dieu; mais elle doit être excitée par les deux grandes forçes entre les mains des hommes : la prière et la pénitence. C'est la leçon que Notre Dame a voulu nous rappeler au début de ce siècle (le XXème siècle) : Dieu veut sauver le monde par la dévotion au Coeur Immaculé de Marie. Il n'y a pas de problème, matériel ou spirituel, national ou international, qui ne puisse être résolu par le saint Rosaire et par nos sacrifices.

C'est cela la dernière leçon que Padre Pio a voulu nous laisser par son exemple, et spécialement par ses « groupes de prières », qu'il a établis dans le monde entier. « Il ne quittait jamais son rosaire, il en avait même un sous son oreiller. Pendant le jour il récitait plusieurs douzaines de rosaires ». Quelques heures avant de mourir, comme ceux à son chevet le suppliaient de dire encore quelques mots, tout ce qu'il put dire fut : « Aimez la Bienheureuse Vierge, et faites-la aimer. Dites toujours le rosaire! »

La canonisation du Vénérable Padre Pio suscitera certainement dans beaucoup d'âmes de la curiosité et de l'admiration. Nous pourrions profiter de cette occasion pour leur rappeler ces quelques leçons, si nous savons cependant les mettre en pratique nous-mêmes, dans l'amour miséricordieux des très saints Coeurs de Jésus et de Marie.

# Posté le mercredi 04 janvier 2006 00:47

Marthe Robin (1902-1981)

Marthe Robin (1902-1981)
TEMOIGNAGE DE Reynald ROUSSEL

MARTHE ROBIN (1902-1981)
C'est à l'âge de vingt ans que Marthe Robin se sent appelée, à l'instar de tous les grands mystiques, à offrir sa vie pour « la conversion des pécheurs et la sanctification des âmes ». Découvrant sa vocation particulière à la souffrance, elle rédige un acte stipulant son abandon total à Dieu. C'est alors que la paralysie la gagne avec d'indicibles souffrances.


Comme c'est le cas pour tous les grands martyrs, il nous faut aborder la notion de sacrifice non comme le fruit d'une volonté divine, mais comme un don d'Amour librement choisi par le mystique, une offrande de tout son être pour prendre sur lui la négativité du monde au point d'en être mutilé physiquement et moralement. Aussi, lors d'une vision, Marthe reçoit les stigmates du Christ qui lui confirment, en quelque sorte, sa vocation.
Chaque vendredi, elle revit la passion de Jésus-Christ et connaît alors la plus grande des souffrances : l'abandon suprême résultant du manque d'Amour de l'humanité. Un vide qu'elle parvient, à chaque crucifixion, à combler de son Amour. C'est pour cela qu'elle disait : « La souffrance est l'école incomparable du véritable Amour. »
Malgré sa paralysie qui ne cesse de progresser, Marthe Robin rédige ses réflexions, entretient des correspondances, reçoit des visiteurs toujours plus nombreux auxquels elle donne le goût de l'effort et de la résurrection permanente. « Toute âme est un Gethsémani où chacun doit boire en silence le calice de sa propre vie » disait-elle.
En 1936, elle invite de « la part de Dieu » le père Finet à fonder un « foyer de charité, de Lumière et d'Amour » pour accueillir des retraites spirituelles. Il sera le premier de la soixantaine d'autres foyers qui, depuis, ont vu le jour à travers le monde. Aujourd'hui, ces communautés « accueillent et regroupent des hommes et des femmes qui, à l'exemple des premiers chrétiens, mettent en commun leurs biens matériels, intellectuels et spirituels. » Outre ses souffrances qui ne cessent d'augmenter, Marthe connaît aussi les persécutions démoniaques à la suite desquelles on la retrouve blessée et versant des larmes de sang ; un démon qui cherchait, disait-elle, à lui faire croire que sa souffrance ne servait à rien...
Mais revivifiée par l'Amour inconditionnel qui l'anime, et encouragée par les apparitions régulières de la Vierge Marie, elle ne renonce jamais. Après avoir fait l'ultime sacrifice de sa vue, elle restera, pendant plus de cinquante ans, alitée, sans dormir, sans boire et ne se nourrissant que de l'Eucharistie.


« Je veux, en m'oubliant, faire aimer Dieu aux âmes en me donnant pour tous sans cesse et sans compter, donner, donner toujours... » disait Marthe Robin, sans doute la plus grande mystique et martyre de notre temps. C'est dans la discrétion et l'humilité la plus totale qu'elle a fait connaître sa souffrance, fruit amer de notre négativité qu'elle a purifiée par la toute-puissance de son Amour. Comment ne pas prendre conscience de nos insuffisances face à tant d'abnégation ? Nous ne pouvons que désirer porter notre propre croix avec un maximum de persévérance et d'Amour en affirmant chaque jour comme elle : « Monter, c'est tout dépasser et se dépasser sans cesse. »

La chambre est restée telle que Marthe l'a habitée pendant des décennies.


Des chaises disposées à 2 mètres du petit divan de Marthe vous permettent de vous recueillir un moment.
Vous prenez le temps de vous habituer à la pénombre de la pièce (la lumière du soleil faisait souffrir les yeux de Marthe, si bien qu'elle a vécu dans cette obscurité) vous découvrirez les quelques objets pieux qui ont été son seul horizon.
Marthe est présente encore aujourd'hui On est saisi par l'humilité de cette pièce où le Seigneur lui même est apparu et où Marthe vivait la passion chaque semaine.
Le divan surprend aussi par sa taille si petite qu'il semble que seule une enfant pourrait s'y reposer.
Mettez-vous en état de prière, ouvrez-vous.
Vous percevrez sur vous une impression, un amour , un bien-être ou un "état de grâçe". Marthe vous accueille...
J'ai rencontré Marthe a deux reprises en 1975 et 1976

Un étrange rendez-vous
Je sonne à sa porte, une femme vient m'ouvrir, me demande si j'ai rendez-vous. Je lui explique que non, mais que je souhaiterai voir Marthe Robin. Elle me fait entrer et me demande d'attendre dans une petite cuisine où il doit faire au moins trente cinq degrés"un poils a charbon était allumé". Pendant cette attente, je regrette d'être venu, je ne cesse de me demander ce que je fais là !
La dame revient et me dit : « Marthe vous attend ». Il m'est alors impossible de reculer et de partir en courant comme j'en ai pourtant l'envie, et je rentre dans la chambre où reçoit Madame Robin. C'est une femme de soixante seize ans, allongée, dans la pénombre, sur un lit protégé d'un voile de mousseline. D'emblée elle me dit : « Vous vous demandez ce que vous faites ici... Venez, nous allons prier, nous allons réciter Souvenez-vous Vierge Marie ». Je ne connais pas cette prière, et Madame Robin la récite seule. Puis elle me dit : « Vous avez des problèmes de foi. Maintenant nous allons dire un Je Vous Salue Marie ».
Nous prions, puis elle me parle de moi, me raconte un peu ma vie, et termine en disant : « Vous avez rencontré Jean-Marie ! ». Comme je ne comprends pas ce qu'elle veut dire, elle précise : « Jean-Marie Vianney, curé d'Ars ! ». Devant ma surprise elle ajoute qu'il est une entité spirituelle chargée de me guider.
A ce moment je ne pense qu'à mon dos et à mes douleurs. Elle sourit alors : « Le dos, ça va venir ; selon la volonté du Père je peux prendre votre douleur, mais après vous aurez à témoigner de la guérison du Père ». Je n'adhère pas à ces paroles, car pour moi, à l'époque, tout ce qui se rapproche de l'église et de son carcan me révolte. L'atmosphère qui règne dans la pièce est très étrange ; la voix de Marthe, semblable à du cristal, paraît venir d'ailleurs, d'un autre monde. Pendant qu'elle prie, je sens que quelque chose se passe à l'intérieur de mes vertèbres, une sensation très étrange.
Puis Marthe dit : « Nous allons demander la guérison au Père, je vais prier pour vous : Père, c'est Ton enfant, il Te demande la guérison, accorde-lui selon Ta volonté. Si ce n'est pas Ta volonté, aide-le à porte sa croix ». Au moment où elle prononce ces mots toute la douleur me quitte !
Marthe continue à me parler, m'explique que je suis un médium, et que mes problèmes de foi n'ont aucune importance, qu'il faut faire selon mon c½ur, comme je le ressens, mais en n'oubliant jamais la prière et en aidant les autres, en les remettant sur les rails de la foi pour qu'ils fassent leur propre chemin.
Pendant que Marthe prie en égrenant un chapelet, quelqu'un toque à la porte, trois fois de suite, et Marthe ne répond pas. Intérieurement je me dis qu'elle n'a pas entendu, et elle répond à mes pensées : « Si, j'ai très bien entendu mais l'entretien n'est pas terminé ».
Au cours de ses prières je ressens quelque chose en moi, une paix, une grâce m'envahir. Je lui dis que j'ai beaucoup de problèmes avec mes parents et elle me répond : « Vous êtes là pour les aider à changer, alors pas de culpabilité ».
Après environ vingt minutes d'entretien, elle me dit que je suis guéri et que je peux partir. Elle ajoute que dans les difficultés je peux l'appeler en pensée, lui parler et qu'elle m'aidera.
En sortant je ne savais plus où j'étais. J'avais très froid, et je ne me souviens de rien d'autre. L'ami qui m'avait accompagné me raconta par la suite que je me suis suspendu à la barre d'un échafaudage qui se trouvait dans la cour et que j'ai dit : « Que c'est bon de ne plus avoir mal ! »
Je n'ai jamais plus eu mal au dos. Depuis, je vais tous les ans dans sa maison, dans sa chambre, et chaque année je demande la grâce d'aimer et une grâce précise, et chaque fois cela m'est accordé.
De retour à Paris je suis allé voir un ami ostéopathe qui me suivait depuis deux ans, et il confirma la guérison. Il me manipula une dernière fois, et déclara que tout était rentré dans l'ordre et que je ne souffrirai plus jamais du dos.



Une telle rencontre fut pour moi d'un intérêt et d'un apport immenses, mais cela n'est qu'une perception toute personnelle. Vous savez, le crédit que l'on apporte au dialogue avec une personne en odeur de sainteté, ne peut être qu'une affaire personnelle et varie d'un individu à l'autre, même dans le cas de Marthe, reconnue officieusement par tous comme une âme sainte, éclairée d'En-haut et que Notre Seigneur avait envoyée pour aider l'humanité.
Ces âmes saintes nous aident tous, invisiblement le plus souvent , car nous ne les connaissons pas toujours, l'Église ne statuant sur leur sainteté qu'après d'assez longs délais.
Du fait de ce décalage, combien de saintes personnes demeurent ainsi ignorées du grand public.


Pour moi, la rencontre avec Marthe intervint à un tournant de ma vie, à l'époque où j'avais des doutes sur ma médiumnité et des problèmes avec mon éducations religieuse
je travaillais encore dans le commerce ; elle m'encouragea dans mes décisions et m'aida intérieurement à mieux dépasser certaines oppositions. C'est encore elle qui m'unifia et me recentra afin de m'approcher davantage de notre seul Ami et Seigneur Jésus Christ.
Marthe du haut du ciel m'aide encore aujourd'hui, sur le chemin que j'essaie de suivre.
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# Posté le dimanche 08 janvier 2006 07:11

Biographie De Marthe Robin

Biographie De Marthe Robin


BIOGRAPHIE DE MARTHE ROBIN



1ère étape :

1902-1918. Naissance et adolescence de Marthe Robin
Marthe Robin est née le 13 Mars 1902, à Châteauneuf-de-Galaure, bourg rural du Nord du département de la Drôme, appelé maintenant la Drôme des collines. Ses parents, Joseph Robin et Célestine Chosson, y possédaient, au quartier des Moïlles, une modeste maison construite en pisé, entourée de 13 hectares de terres. Il fallait travailler dur pour subvenir aux besoins d'une famille nombreuse.
Marthe Robin fut baptisée le 5 Avril 1902 en l'église de Saint-Bonnet de Galaure dont dépendait alors le quartier des Moïlles.
En 1903, la famille Robin connut l'épreuve d'une épidémie de fièvre typhoïde. Parmi les enfants atteints, l'avant-dernière, Clémence, en mourut, et Marthe en resta fragile.
En 1909, Marthe prit le chemin de l'école, au bas du village de Châteauneuf. Sa santé ne lui permit pas d'accomplir une scolarité suivie : aussi elle ne put passer le Certificat d'Études.
A la paroisse de Châteauneuf-de-Galaure, Marthe Robin reçut le sacrement de Confirmation en 1911, fit sa première Communion, le 15 Août 1912. Dès son enfance, elle a eu, pour la Sainte Vierge une affection filiale et c'est bien souvent qu'elle la prie. Marie sera toujours pour elle Mère et Éducatrice.
En 1914, elle quitte l'école du village et prend part aux travaux de la maison et de la ferme.



2e étape :

1918-1928. Dix ans de lutte contre la maladie
En 1918, Marthe Robin ressent les premiers effets de la maladie qui ne la quittera plus : une encéphalite. Tout est fait pour la soigner : visites à plusieurs médecins, soins, cure de bains résineux à Saint Péray en Ardèche. Pour pouvoir acheter les médicaments prescrits, Marthe Robin coud et brode pour quelques personnes qui lui demandent de travailler pour elles, car son travail est toujours particulièrement soigné. Dix ans de luttes contre la maladie, avec espoirs de guérisons et rechutes désespérantes.
En 1928, au cours d'une Mission Paroissiale à Châteauneuf, elle comprend, par une grâce de Dieu, que c'est dans la maladie et par la souffrance désormais acceptée et offerte, qu'elle pourra être unie au Coeur de Jésus en Croix, le Rédempteur de tous.



3e étape :

1928-1936. Grâce d'union mystique
Avec l'aide du Curé de la Paroisse, l'abbé Faure, Marthe Robin pénètre de plus en plus dans une vie de silence, d'offrande, de prière. Son union intérieure à Jésus devient telle que chaque vendredi, elle sera associée aux souffrances de Jésus dans sa Passion pour tous les hommes.
En 1929, 2e poussée de la maladie. Tétraplégie et paralysie des voies digestives.
Ses amis de la Vallée viennent lui confier leurs soucis, leurs interrogations, leurs épreuves, leurs joies aussi et montent chez elle en famille, avec leurs enfants. Les enfants, Marthe Robin les aime : leur éducation lui est chère, elle rencontre souvent les institutrices de la vallée, les animatrices des patronages. Bientôt, s'impose à elle l'idée d'ouvrir une école chrétienne pour enfants et jeunes filles ; elle en parle à l'Abbé Faure qui, malgré les difficultés du moment, achète la bâtisse centrale du château fort en ruines.
Le 12 octobre 1934, l'École accueille sept élèves de Châteauneuf et de la vallée de la Galaure. Peu à peu, Marthe Robin comprend que cette bien modeste école est le premier élément d'une oeuvre importante que Dieu veut enraciner dans la paroisse même de Châteauneuf.



4e étape :

1936-1948. Le temps difficile de la fondation du Foyer à Châteauneuf


Le 10 Février 1936, la rencontre de Marthe Robin et de l'Abbé Georges Finet, du diocèse de Lyon, sera l'occasion providentielle qui permettra de préciser ce que seront les Foyers de Lumière, de Charité et d'Amour. Dès le mois de Septembre, du 7 au 13, l'abbé Finet prêchera, dans les locaux de l'École, la première retraite de 5 jours qui en marque le fondement effectif.
Le Père Finet et Marthe attendent longtemps le "détachement" du Père Finet pour qu'il puisse accomplir à plein temps sa mission à Châteauneuf.
En 1939, 3e poussée de la maladie qui atteint la rétine : cécité. Marthe Robin vit alors dans l'obscurité.
En 1943, création de deux Foyers de Charité, l'un en Savoie, l'autre en Provence.



5e étape :

1948-1961. Période de fondation des Foyers de Charité en France et en Europe
Toujours attentive à ce qui touche l'éducation, elle participe à l'ouverture, en 1953 et 1954, de deux autres établissements scolaires, l'un à Saint-Bonnet de Galaure, l'autre à Châteauneuf, au lieu dit des Mendailles.
Elle continue à accueillir les visiteurs qui viennent de plus en plus nombreux et de tous les horizons sociaux, culturels, religieux, de France et de l'Étranger : en premier, des Belges, des Suisses, des Canadiens. Quand elle ne reçoit pas, elle se fait lire le volumineux courrier qui arrive de divers coins du monde. Comme elle l'a appris dans son enfance, elle pense concrètement aux plus démunis et fait confectionner et expédier des colis pour les dispensaires et maternités tenus par des missionnaires, pour les assistantes sociales des prisons, pour des malades.
Elle prie, elle offre, elle intercède, pour chacun et pour tous les hommes du monde entier, pour les prêtres en particulier. Elle vit en fille de l'Église, non pas investie d'une mission officielle, mais à sa place, la plus humble possible, dans le silence, l'offrande et la prière incessantes.



6e étape :

1961-1977. Le développement des Foyers et leur extension outre-mer
En 1961, vingt-cinq ans après la fondation du Foyer de Châteauneuf, s'ouvre, au Togo, le premier Foyer de Charité d'Outre-Mer. D'autres suivront, en Afrique, en Amérique, en Asie. Les Foyers de Charité, implantés dans un diocèse à la demande de l'Évêque du lieu, participent à l'évangélisation demandée par le Concile Vatican II, pour préparer la Nouvelle Pentecôte annoncée par le Pape Jean XXIII. Animés par l'Esprit Saint, avec toute l'Église, Pères et membres du Foyer travaillent à révéler au monde le Christ-Lumière en faisant connaître son message d'Amour et de Salut universel.
En 1961 : 12 Foyers de Charité en France et en Europe.
Au fur et à mesure que l'Oeuvre se développe, Marthe Robin progresse dans le silence intérieur, le renoncement à tout appui humain, l'abandon total à la Volonté et à l'Amour Miséricordieux de Dieu.



7e étape :

à partir de 1977. Recherche d'un statut ecclésial pour les Foyers de Charité
De toute sa force, Marthe Robin encourage et soutient les recherches et les efforts entrepris pour faire agréer les Foyers de Charité comme communautés de laïcs.
En 1980, elle a la joie de voir s'ouvrir, au Foyer de Châteauneuf, la Maison Saint Joseph, qu'elle a tant désirée pour les parents âgés des membres des Foyers.
Le 6 février 1981, mort de Marthe Robin. 6 évêques et près de 7OOO personnes viennent à ses funérailles le 12 février.
En 1981, il y a 52 Foyers de Charité.
En 2002 : 73 Foyers de Charité et 5 Foyers de Charité en fondation
Le 1er novembre 1986 : décret de reconnaissance de l'Oeuvre des Foyers de Charité comme Association Privée de Fidèles de caractère international par le Conseil Pontifical pour les Laïcs.
En Janvier 2000, remise à Rome du décret d'approbation définitive des statuts par le Conseil Pontifical pour les laïcs.
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# Posté le mardi 10 janvier 2006 04:22

Mariage Des Prêtres

Mariage Des Prêtres
6.3 - Le mariage des prêtres
Dans les prémices de la chrétienté, le mariage existe dans la prêtrise. Il existe toujours chez les protestants, chez les mormons, de même que dans de nombreuses Églises ne dépendant pas du droit canon romain.
En Orient, des hommes mariés sont ordonnés, mais on ne peut pas se marier après l'ordination.
Dans le judaïsme, précurseur des religions monothéistes, les grands prêtres étaient choisis dans la tribu des Lévi et la prêtrise était héréditaire. Ils se mariaient et les rabbins se marient. Ce qui répond à un des préceptes de la Loi : "croissez et multipliez-vous !"
Il est aussi conseillé d'avoir des fils pour la prière des morts, le kaddish...

L'Église refuse le mariage pour les prêtres, une des justifications qu'elle en donnerait, serait que l'on ne peut s'occuper pleinement du sauvetage des âmes d'un grand nombre si l'on est soi-même impliqué dans une famille, car chacun sait que l'éducation des enfants prend du temps qui n'est pas à impartir à la femme seule. Les psychologues reconnaissent que le rôle du père est de séparer l'enfant de la mère. Les prêtres se devaient donc d'être libres. Or, il n'en a pas toujours été ainsi.

Certains membres du clergé achetaient leur charge, ils étaient libres de se marier. Le pape y mettra bon ordre en nommant les abbés, puis tous les hommes d'Église.
-Pour les adeptes du système religieux chrétien, catholiques ou protestants, les célibataires ne peuvent pas comprendre les problèmes de gens mariés. L'idée se défend et fait tâche...
Il est des traces de mariages dans la prêtrise de même qu'il y eut des papes qui avaient des maîtresses et des enfants, (bâtards) dont certains avec leur nièce...
L'Église tourne la difficulté en disant qu'il s'agissait de leur vie d'avant !!!
Sur un site, il y était mentionné des épitaphes de pierres tombales de femmes de prêtres à leur mari dans les premiers temps de l'Église.
Témoin des inscriptions trouvées sur plusieurs tombeaux :
- "À Basilius, prêtre, et Félicité, son épouse. Ils se sont préparés ce tombeau."
- "Petronia, femme d'un prêtre, type de la modestie. Ici reposent mes os. Cessez de pleurer, mon cher époux, toi aussi, chère fille, et rappelez-vous qu'on ne doit pas pleurer sur celle qui vit en Dieu".
(Sources : http://deuxbabylones.111mb.com/deux07.html)

Les prêtres ont pu se marier jusqu'en 1073. Suite à un concile tenu à Rome à cette date, une bulle papale de Grégoire VII oblige la prêtrise au célibat. Le pape veut imposer le célibat au clergé pour des raisons politiques et économiques. Les prêtres mariés étaient, en effet, tentés de s'enrichir et de constituer une rente au profit de leurs descendants, privant l'Église des moyens matériels (?) indispensables à l'accomplissement de sa mission. Ils s'enrichissaient souvent par simonie. Et non avec parcimonie !!!
Le mot simonie viendrait de Simon le magicien (c'est le trafic des choses saintes, vente de biens spirituels). On pourrait épiloguer sur la curiosité qui est la suivante : Simon est un prénom israélite et non Pierre, nous pensons que Simon était le premier pape... (La fonction de pape n'est pas justifiée dans la bible hébraïque, dans la Torah, ce mot n'existe pas)...
Il est amusant que dans l'histoire, il y eut les papes de Rome, de Pise et d'Avignon. Ceux de Pise et d'Avignon ont été considérés comme des antipapes par la curie romaine.

On appelait nicolaïsme, aux Xe et XIe siècle, la pratique des prêtres qui refusaient le célibat. La réforme grégorienne y mettra théoriquement fin.
Le sacerdoce était réservé aux hommes.
"L'amitié pour le monde est l'inimitié contre dieu" selon la bible. L'amitié a toujours été interdite dans les monastères. Des amis parleront de sujets qui les intéressent et risqueraient d'enfreindre à la règle du silence. Il était interdit d'être deux ou plus hormis dans le cas du confesseur et de son confessé... ou des messes. Les repas se prenant en communauté et en silence.

L'Église a toujours été homophile, voire homosexuelle bien que ce mot n'existât que depuis le procès d'Oscar Wild.
Pas de plaisir charnel qui était et est un péché pour l'Église qui applique en cela une des formes de l'ascétisme prôné par les anachorètes indiens et ceux des premiers temps, le silence, la prière, la chasteté, permettaient de conserver son énergie. Ceci sera imposé dans les monastères sous forme de Règle. Le monachisme suit l'érémitisme, (isolement dans un but contemplatif). Deux fameux anachorètes furent : saint Paul l'Ermite (vers 229 - 342) et saint Antoine (250-356).
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# Posté le mardi 24 janvier 2006 09:30